Emboîter le pas sur l’espace mouvant : incursion sur le chantier ouvert de l’UdeM

Les dix étages de briques, béton, vitre et rouilles recoupent le paysage en lignes droites. L’édifice 400 Atlantic se double en immense phare sur un espace mouvant. Il est l’un des irréfutables repères pour ceux qui cherchent le chantier qui abritera le nouveau campus de l’Université de Montréal, le campus MIL, dès 2019. Mais bientôt, l’imposant bâtiment ne règnera plus seul dans le coin. En fait, il partage déjà la place avec d’autres structures qui s’empilent graduellement. Loin dans l’horizon, la vue bloque sur la figure rectangulaire de ce qui deviendra le pavillon des sciences. Le mouvement des grues, des camions et des machines confirme l’avancement des travaux. Nous sommes témoins d’une transformation colossale.

À l’intersection des avenues Atlantic et Durocher, des conteneurs aux tons orangés attirent notre attention. Le métal qui déchire le ciel à la verticale, sans prétendre pour autant à la symétrie, y est depuis 2016. En général, un conteneur évoque marchandise, accès interdit, verrous… mais ici, ils sont des lieux de création où l’on peut entrer, marcher, voir, toucher, explorer. C’est Le Virage, ce chantier créatif dont la clôture grande ouverte invite à emboîter le pas et à participer à cette appropriation de l’espace urbain en mutation.

On s’étonne dès son entrée. Le regard cherche où s’appuyer. Une petite boîte demande d’être remplie avec des rêves et des histoires. Puis plus on avance, plus on est surpris par la diversité d’actions. Des gens passent en transportant des planches de bois. Des amis dégustent une bière en attendant une projection. La table tournante du DJ redonne vie à Raymond Berthiaume interprétant un incontournable de la bossa nova, sans que cela dérange le sommeil du chien qui dort à côté. D’autres rythmes, sons et influences continuent à se superposer.

Le bruit de nos pas change lorsqu’on passe du gravier au terrain plus mou du jardin qui couronne la place. Une structure particulière se démarque. Le Mont Réel, une montagne en bois construite de toutes pièces, jaillit du sol. Tout près d’elle, en cercle, une chorale électro s’improvise pour la chanter. Oui, la montagne devient partition.

On se sent agréablement étourdi par la multiplicité d’options. On conclut rapidement qu’on se trouve dans une zone d’expérimentation où des formes plurielles et inachevées s’entremêlent, où les angles improbables sont encore permis, où l’apparent désordre n’est que la preuve d’un lieu en mouvement, en ébullition. Puis on s’y sent libre.

Ce n’est que le début d’une saison estivale qui offrira des expositions, des installations artistiques, des 5 à 7, des projections de film, des séances de discussion critique et des rencontres avec les communautés environnantes. On réfléchira à la transformation urbaine tout en prenant part à cette construction collective.

Tous sont invités à venir s’approprier et enrichir cet espace en devenir avec les corps, les histoires, les impressions et surtout les interrogations. Toute idée doit circuler, prendre sa place, ses formes et son envol.

Venez faire un tour et vous verrez.

 

 

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